Les premières séquences du film Little Senegal de Rachid Bouchareb montrent ainsi des touristes noirs américains saisis par l'émotion en visitant la Maison des Esclaves. Même si dans l'intervalle les travaux des historiens ont montré que cet édifice, qui a bénéficié de la reconnaissance de l'UNESCO, n'a pas joué dans la traite négrière le rôle de premier plan que lui prête son charismatique et zélé Conservateur, la célèbre bâtisse rose reçoit pourtant près de 500 visiteurs par jour. Personne (ou presque) ne se rend à Dakar pour la première fois sans sacrifier à l'excursion à Gorée. De nombreuses personnalités ont aussi fait le voyage, tels le président du Sénégal Abdoulaye Wade, son prédécesseur Abdou Diouf, les
présidents Bongo, Houphouët-Boigny, Lula, François Mitterrand, Jimmy Carter, Bill Clinton et George Bush l'empereur Bokassa Ier, l'impératrice Farah Diba et sa mère, le roi Baudouin et la reine Fabiola, Michel Rocard, Jean Lecanuet, Lionel Jospin, Régis Debray, Roger Garaudy, Harlem Désir, Bettino Craxi, Nelson Mandela, Jesse Jackson,Hillary Clinton et sa fille, Breyten Breytenbach, les chanteurs James Brown et Jimmy Cliff ou encore le pape Jean-Paul II en 1992.
Aux États-Unis des agences proposent aux touristes noirs américains des "Black-History Tours" qui leur permettront d'aller se recueillir sur la terre de leurs ancêtres et de méditer sur leur destin tragique. De fait les touristes américains sont peu nombreux hors de l'île.
Léopold Senghor a sans doute pressenti les retombées d'un tel engouement lorsque, dès 1967, il remercie le Conservateur Joseph Ndiaye pour son éloquence et sa « contribution efficace au développement culturel et touristique du Sénégal ».